Sans titre

BENEATH THE SURFACE

Si l’on devait trouver un dénominateur commun aux œuvres exposées dans BENEATH the SURFACE, on pourrait – au-delà de la singularité propre à chaque artiste – convoquer deux termes clés « soustraction » et « environnement ». Non pas que les œuvres soient réductibles à ces mots mais parce que chacun des exposants y recourt selon un cheminement spécifique, une voie propre. Matérielle ou immatérielle, la soustraction comme faire artistique peut être perçue ici à travers les matériaux utilisés par les artistes et / ou les modèles de nature convoqués pour la construction de leurs œuvres. En dessous et au-dessus des surfaces, dans les pleins et vides des volumes offerts à la vue, sur les cimaises et dans l’espace de la galerie, l’œil du spectateur est ainsi invité à détecter « la source de la ponction», l’origine naturelle ou industrielle des matériaux, leur mode de transformation, les liens établis avec l’environnement et bien sûr les univers entrouverts par chaque œuvre.

En s’inscrivant dans la tradition plus que centenaire du « soustraire », un acte d’ouverture et d’ancrage dans une multitude d’environnements, Intissar Belaid, Hammadi Ben Saad, Hela Lamine, Moritz Hagedorn, Najah Zarbout, Ferielle Doulain Zouari, Tom Egoumenides et Mohamed Amine Hammouda usent de matériaux non consacrés traditionnellement à la pratique artistique pour offrir une perspective unique sur le monde qui les entoure.

Extrait du texte de l’exposition par Emna Lakhoua & Nadia Jlassi

Ali Tnani

graduate of the Higher Institute of Fine Arts of Tunis. Since then, he has frequently participated in international artistic residency programs.

« Trace, Space, Data » are some of the keywords that revolve around Ali Tnani’s artistic practice. This practice leads him to exploit different supports and formats such as photography, drawing, sound installation and documentary film.

He has participated in several solo and group exhibitions in Tunisia and abroad: « Ce vide, Voilà ma réponse » (2022), a solo exhibition at the B7L9 art station – Kamel Lazaar Foundation (KLF), Tunis; « The upshot of trans-affective solidarity », TAM Torrance Art Museum, Los Angeles, USA, 2022 and Motorenhalle Centre for Contemporary Art, Dresden, Germany, 2021; « Climbing Through the Tide » (2019) at KLF B7L9 Art Station, Tunis; « A new Humanity » (2018), Dakar Biennale, Senegal; « Unknown program » (2018), a solo exhibition at Elmarsa Gallery, Dubai, UAE. « Architextures de Paysage 1 » (2017), Château d’Oiron, Oiron, France. « Données à voir » (2016), La Terrasse, Espace d’art de Nanterre, France. « If you are so smart, why ain’t you rich? » (2014), Marrakech Biennale, Morocco.

Taher Jaoui

Creating captivating and labor-intensive work with the idea of continuing the legacy of the abstract expressionism movement from the 50s and 60s, Taher Jaoui’s paintings are rich assemblages of layered forms, vibrant colors, and expressive gestures, and mathematics signs and formulas. Applied on canvas through a dynamic interaction, a physical back-and-forth dialogue in which perspective and orientation continuously change until all the elements are balanced right, these opulent creations are the artist’s personal way of expressing himself.
Through a series of spontaneous movements, directly inspired by the way canvas responds to layers of paint and
gestures applied to it, Jaoui compares his work to a dance routine with a familiar partner. While impulsive and unconstrained in its core, familiarity with materials is essential for the creative process which strongly depends on the ability to respond quickly and foresee the way the elements will work together.

I dreamt of being an island

To be surrounded by a horizon, to discover one’s weakness,
to bear the agonizing servitude of time and the unbearable fragility of the soil,… is to be an island.
The island, this unstable, vulnerable or porous territory, turns out to be a place of oxymoron.
Insularity has the power to lead to contemplation so deep and light and a slowness so gentle and
cruel .
By manipulating the paper, the artist recreates the island which reveals its fragility and instability through embossing, folding or laceration.
Diverse combinations are mixed with lights, lines and notches, thus provoking a new territoriality charged with fluctuations between the terrestrial and the aquatic in a relentless game of ebb and flow.
Thus, the artist gives substance to archipelagos, tracing the limits and redefining the borders to perhaps better understand and relive the experience of the surface.

Najah Zarbout

After studying at the Higher Institute of Arts and Crafts in Sfax, Najah Zarbout was accepted at the University of Paris I Panthéon-Sorbonne, where she earned a doctorate in Arts and Sciences of Art. She currently holds a position as an assistant professor at the Higher Institute of Fine Arts in Sousse.

Najah Zarbout is interested in subjects related to current events, the individual, and contemporary society. Her artistic creations explore the relationship with others in its various aspects. She offers a metaphor for human submission or disobedience and invites the viewer on an imaginary journey through the materiality of paper. Behind her seemingly playful works lie profound and daring subjects. Her artistic practice takes various forms, ranging from drawing to video, photography, and installation. In recent years, she has focused on a cutout approach. From embossing to folding or tearing, in various combinations of light, lines, and cuts, she engages in a dialogue with paper.

In 2018, Najah Zarbout represented Tunisia at the Dakar Biennale in Senegal. In addition to numerous solo and group exhibitions, her work has been featured in several fairs and salons in Tunisia, France, Switzerland, Belgium, Morocco, Kuwait, among others. She is the recipient of the Grand Prix in Plastic Arts at the « Ici et demain » festival in 2008 (France).

MORE NEWS FROM NOWHERE

Parce qu’elle est la plus ancienne du globe, la mer nous ouvre des horizons temporels qui débordent les oeillères par lesquels nous nous bornons à percevoir notre petite existence,
comme la seule histoire qui soit. De la mer, et plus encore de cette méditerranée, bruit encore le mythe d’un océan primitif d’où émergeait la vie sur une terre immémoriale. Devant l’étendue, l’oeil pressent qu’à l’échelle des temps géologiques, l’histoire humaine est un battement de cil. On se souvient alors qu’au-delà du cercle du nombril humain, un univers plus grand nous porte, nous emporte. Il est, car il fut et sera, cependant que nous aurions été – sans avoir été sûr d’être.

Extrait du texte de l’expostion par Mohamed-Ali Berhouma

#unconditional

«Lors de cette exposition, il sera question d’amour.
Amour charnel, aveugle, passionné ou Amour mystique – les artistes ont été invités à puiser dans le dédale des odes et des contes qui bercent notre imaginaire collectif.
Des 1001 nuits où se joue la passion dans toute son ampleur, révélatrice de l’âme humaine, à l’amour contrarié et idéalisé de Majnoun pour Leila, il s’agira, à l’heure des réseaux sociaux et des relations connectées, d’apporter une vision contemporaine de l’amour.»

L’ESPACE DU DEDANS, LIVRES D’ARTISTES

Qu’ils soient porteurs de message, livres-objets, installations, lisibles ou illisibles, mouvement entre texte et image, papiers et matière, enchevêtrement de signes… Les artistes explorent le livre dans toutes ses dimensions. Un espace du dedans qui dévoile l’intimité d’un univers intérieur où l’artiste nous livre ses intentions, ses doutes et ses voyages dans la matière.

Société du spectacle مجتمع الاستعراض

  • Dis, mon frère, c’est vrai ce qu’ils racontent ?
  • Quoi donc ?
  • Qu’ailleurs, les sociétés sont devenues spectacles ?
  • Je les ai vues! Ils marchent têtes baissées, ils ne se disent plus bonjour, ils parlent et rient seuls, leurs visages sont inexpressifs, leurs émotions sont des émojis, leurs yeux sont vides et semblent regarder quelque chose dans leurs mains, un objet lumineux.
  • Ils sont devenus fous !
  • Ils ne le sont pas, ils prétendent juste être hyper-connectés. Drôle de nom pour des gens aussi déconnectés du monde réel.
  • Que Dieu nous en préserve !
  • Oh ça arrivera chez nous. Tu sais, le spectacle est tellement divertissant qu’on succombera à notre tour. Et la lumière de son objet lumineux, finira par nous aveugler, tous !

عرس الذيب

Âne dormant
C’est un âne qui dort
Enfants, regardez le dormir
Ne le réveillez pas
Ne lui faite pas de blagues
Quand il ne dort pas, il est très souvent malheureux.
Il ne mange pas tous les jours.
On oublie de lui donner à boire.
Et puis on tape dessus.
Regardez-le
Il est plus beau que les statues qu’on vous dit
d’admirer et qui vous ennuient.
Il est vivant, il respire, confortablement installé
dans son rêve.
Les grandes personnes disent que la poule rêve de
grain et l’âne d’avoine.
Les grandes personnes disent ça pour dire quelque
chose, elles feraient mieux de s’occuper de leurs rêves à
elles de leurs petits cauchemars personnels.
Sur l’herbe à côté de sa tête, il y a deux plumes. S’il
les a vues avant de s’endormir il rêve peut-être qu’il est
oiseau et qu’il vole.
Ou peut-être il rêve d’autre chose.
Par exemple qu’il est à l’école des garçons, caché
dans l’armoire aux cartons à dessin.
Il y a un petit garçon qui ne sait pas faire son problème.
Alors le maître lui dit :
Vous êtes un âne, Nicolas !
C’est désastreux pour Nicolas.
Il va pleurer.
Mais l’âne sort de sa cachette
Le maître ne le voit pas.
Et l’âne fait le problème du petit garçon.
Le petit garçon va porter le problème au maître, et le maître dit :
C’est très bien, Nicolas !
Alors l’âne et Nicolas rient tout doucement aux
éclats, mais le maître ne les entend pas.
Et si l’âne ne rêve pas ça
c’est qu’il rêve autre chose.
Tout ce qu’on peut savoir, c’est qu’il rêve.
Tout le monde rêve.

Jacques Prévert

TRANS/MISSION

Cette exposition personnelle de Mohamed Ben Soltane, artiste prolifique de la nouvelle scène de l’art contemporain tunisien, rassemblera peintures, dessins, mosaïques et sculptures en fer forgés. Quelque soit le support, des personnages équilibristes et amoureux habitent avec humour des décors colorés. « TRANS/MISSION » n’est pas un titre anodin pour l’artiste qui revendique sa « tunisianité » à travers les influences héritées d’artistes de l’histoire de l’art tunisienne dont il a « intériorisé les formes, les lignes et les compositions aussi bien que le souffle, l’atmosphère et l’aura ».